L'Examinateur

Hebdomadaire de critique politique




Que vaut l'armée de @ ?

Entretien avec le professeur Albert T.

Monsieur le professeur T.,vous êtes professeur au célèbre Institut National et International d'Études Stratégiques, où vous menez des recherches sur l'évaluation comparative des armées du monde. Vos recherches ont eu dernièrement un grand retentissement lors de la parution d'un livre sur l'armée de @, dans lequel vous montrez qu'elle doit être considérée comme beaucoup plus dangereuse et efficace qu'on ne l'avait cru auparavant. On vous a même accusé de vous complaire à exciter la frayeur face à cette république inquiétante et mal famée. Certains sont allés jusqu'à se demander s'il n'y avait pas un peu de propagande en leur faveur dans votre livre, tandis que d'autres vous ont soupçonné au contraire de vouloir relancer la course aux armements dans notre pays et chez nos alliés. Et il est vrai qu'on a souvent la chair de poule quand on lit votre livre. Jusqu'à présent, il semblait qu'on pouvait vivre relativement tranquille sous le parapluie nucléaire face aux nations qui ne possèdent pas l'arme atomique. Vous avez montré que ce n'était plus vrai, et qu'une armée comme celle de @ pouvait être aussi dangereuse, sinon plus, que les puissances nucléaires. Nous faisons face là à un pays dont tous les citoyens sont des soldats, prêts à se battre contre le monde entier par tous les moyens, des armes traditionnelles fortement améliorées, à de nouvelles armes électroniques, à la guerre psychologique et biologique, à la guérilla la plus sophistiquée, et j'en passe. Bref, sans que nous l'ayons vu venir, nous voilà face à un monstre terrible, dont on ne sait pas comment on pourra l'empêcher d'exercer sa puissance malfaisante si l'on ne réagit pas vite et avec force pour trouver les moyens de le neutraliser.

Pouvez-vous, Professeur, nous brosser un tableau de cette nouvelle puissance militaire ?

Pour commencer, je vous remercie de votre invitation. Et je vous avertis aussi que je suis un spécialiste, travaillant scientifiquement autant que possible, objectivement, et que je ne me sens pas partisan ni enclin à porter des jugements moraux. C'est pourquoi je laisse à mes lecteurs la responsabilité de réagir selon leurs propres sentiments, et je ne me sens pas concerné par les accusations de vouloir répandre la peur, la haine, le sentiment d'urgence, le souci de préparer une défense, et ainsi de suite. Il y a un nouveau rapport de forces que je découvre, et d'autres avec moi, et je le décris. Aux responsables politiques d'y réagir et de prendre des décisions.

Il n'empêche que vos découvertes sont effrayantes et qu'il est urgent de réagir.

Et pour bien réagir, il faut bien connaître la situation. Voici ma partie. D'abord, j'aimerais constater que @ n'a jamais attaqué aucun autre pays, qu'on n'y défend pas de doctrine de conquête, et que, selon eux, leur armée est entièrement défensive. On se demande pourquoi ils y accordent tant d'importance dans ces conditions. Ils se sentent menacés, et la question de leur défense est considérée comme urgente et essentielle. Ils veulent se rendre capables de répondre à cette très grande menace, et c'est pourquoi ils estiment que leur armée, quoique purement défensive, doit être très puissante. On remarque souvent que, pour une armée défensive, ils ont développé bien des moyens d'attaque. Cela fait partie de leur stratégie. Pour se défendre, il faut se donner de véritables moyens d'attaquer l'ennemi et de le vaincre aussi chez lui. C'est pour cette raison qu'on les accuse souvent de cacher leurs véritables ambitions, qu'on soupçonne d'être offensives en réalité. Je ne prétends pas sonder les cœurs, mais il est parfaitement vrai que, surtout aujourd'hui, on ne peut pas défendre un pays en restant uniquement sur son propre territoire, mais qu'il faut être capable de frapper l'ennemi aussi au-dehors. C'est même un principe fondamental de la dissuasion nucléaire, à laquelle les @ ont renoncé, alors qu'ils auraient été parfaitement capables de se donner l'arme atomique. Sur ce point, leur argument est qu'une arme qui détruit tout le monde, et soi-même avec, est inutile et absurde.

On prétend pourtant qu'ils cherchent à l'obtenir.

Non, je ne connais pas la moindre tentative de leur part dans ce sens. Et comme je vous le disais, s'ils la voulaient ils l'auraient, parce qu'ils sont clairement capables de la fabriquer.

En êtes-vous sûr ?

Libre à vous de ne pas me croire, et de vous fier à des personnes qui spéculent sans connaître la matière. Pour moi, je la connais et je sais ce que je vous dis là.

D'ailleurs, comme vous l'avez justement rapporté dans votre présentation de notre entretien, ils en ont d'autant moins besoin qu'ils ont développé des armes bien plus efficaces, et qui ont l'énorme avantage de pouvoir détruire l'ennemi sans se détruire soi-même, ni abolir la vie sur terre.

Mais n'est-ce pas encore plus dangereux, parce qu'ils pourraient être tentés de les utiliser ?

Elles sont effectivement utilisables, et il est bien prévu de les utiliser s'il le faut. Face aux puissances nucléaires, ils ont un adversaire qui leur dit « je peux vous exterminer, mais en me tuant moi-même », alors que @ répondra «  moi, je peux vous abattre sans me tuer moi-même ni me blesser ». Jugez lequel se trouve dans la meilleure position. Quant à savoir lequel est le plus dangereux des deux, cela se discute. En tout cas, le premier est dangereux pour toute l'humanité, et l'autre seulement pour ses ennemis.

Ils sont en tout cas bien agressifs quand il s'agit de défendre leurs idées et de propager leur vision de la société. Pourquoi ne le seraient-ils pas dans le domaine militaire ?

Je ne vois pas de conséquence de l'un à l'autre. On considère que se battre pour ses idées, c'est une attitude qui fait partie d'une légitime concurrence dans le cadre de la paix. Et c'est même essentiel pour que nous puissions vivre en paix. Car il faut que nous puissions lutter d'une manière telle que nous n'ayons pas à recourir à la guerre. La science elle-même, qui est très évidemment une entreprise paisible, n'existerait pas sans le désir de convaincre et de défendre par les moyens de la persuasion ce qu'on tient pour la vérité.

Oui, mais la propagande, ce n'est pas de la science !

Vous avez raison, la propagande n'est pas de la science. Elle cherche à entraîner l'adhésion par des procédés d'influence psychologique, au lieu d'établir des faits et des théories par l'observation, le calcul, les hypothèses et l'expérimentation. J'aimerais pouvoir vous répondre qu'il y a une claire distinction entre la tentative de convaincre rationnellement et les manières d'emporter l'accord des gens en agissant sur leurs sentiments, comme dans la propagande ou la publicité. C'est ainsi que je tends moi-même à voir les choses. Mais il est vrai qu'en @, la distinction nette entre les deux est contestée. Ils ne prétendent pas qu'il n'y ait aucune différence, mais ils insistent sur le fait qu'il n'y a pas de solution de continuité, et qu'on peut glisser de l'un à l'autre. Or il est vrai qu'ils tiennent justement compte de cette idée dans leur conception de l'art de la guerre et dans l'organisation de leur armée.

Voilà ! Ils sont toujours en guerre, en tout.

Non. Ou plutôt, oui, si vous voulez. C'est plus compliqué. En fait, ils nous accusent aussi bien de mener sans cesse la guerre alors que nous prétendons rester en paix, voire apporter la paix. Il y a un sens selon lequel nous sommes toujours en guerre. Mais alors, il faut distinguer entre la guerre proprement dite, où des pays tentent de se détruire réellement par les armes, et cette sorte de guerre d'influence, de propagande, qui ne tue personne, et qui existe toujours aussi en temps de paix. Il y a toujours eu cette lutte de propagande à travers l'histoire. Mais précisément, aujourd'hui nous avons les moyens de la mener avec une telle efficacité, une telle intensité qu'on hésite à la considérer vraiment comme non violente. Et c'est cette nouvelle réalité que les @ prennent en compte quand ils donnent à leur armée la fonction de la lutte de propagande et de la lutte psychologique. Et on peut même dire qu'ils ont développé dans ces domaines de réelles armes, en partie nouvelles, et d'une grande efficacité.

Dites-nous-en quelque chose.

Eh bien, d'abord deux mots sur l'organisation de leur armée. Comme vous l'avez rappelé, tous leurs citoyens (et uniquement les citoyens), hommes et femmes, font du service militaire. Pour une partie d'entre eux, cela ressemble à ce qui se passe dans des armées de milice telles qu'il en existe ou qu'il en a existé notamment en Europe. Mais ce qui frappe, c'est que leur armée est active dans des domaines qui ailleurs ne la concernent pas, ou seulement en marge. C'est le cas de la lutte idéologique et psychologique. Et là, on s'entraîne bien pour d'éventuelles guerres, mais on considère aussi qu'on est déjà en régime de guerre, et que les miliciens de ces domaines ont déjà à s'engager dans la bataille dès que leur formation est suffisante. Si on s'en étonne, ils répliqueront que c'est la même chose chez nous, mais que nous le faisons par l'intermédiaire de nos services d'espionnage, alors que ces services font justement partie de l'armée chez eux, en tant qu'ils sont chargés, eux aussi, de la défense du pays.

Donc vous avouez qu'ils nous font la guerre ! Ils attaquent et ne se contentent pas de se défendre !

En un sens oui. Mais encore une fois, ils vous répondraient qu'ils ne font que se défendre par rapport à nos attaques, à travers nos services d'espionnage et de propagande. Cette guerre, disent-ils, nous la menons contre eux. Et s'ils attaquent à leur tour, c'est par une contre-attaque.

Il est facile de prétendre que les autres ont commencé.

Et c'est aussi vrai, parce que les opérations de nos services d'espionnage n'ont pas attendu l'apparition de @ pour commencer, et que les @ en ont été victimes dès les tout débuts de la formation de leur pays. Bref, je ne veux pas entrer plus avant dans le débat pour savoir qui a commencé. Il suffit de constater que cette sorte de guerre existe à présent, et pas seulement entre @ et les autres pays, mais aussi entre tous les pays du monde. La différence est qu'on cherche à la cacher d'habitude, alors que les @ la reconnaissent officiellement et la mettent même en évidence. D'ailleurs, il faut aussi constater qu'une partie importante de leur action dans ce domaine vise l'intérieur de leur pays. Ils dépensent une grande énergie à rendre leur peuple résistant aux procédés utilisés par les autres pays dans cette guerre. Et vous savez que c'est un de leurs grands succès, qui étonne beaucoup et désespère nos services d'espionnage, parce qu'ils n'ont pas du tout en @ l'efficacité qu'ils ont ailleurs.

Pas étonnant s'ils ont lavé le cerveau de tout le monde chez eux !

Je vous disais que je tente de voir les choses avec le plus d'objectivité possible. Or ils font une distinction qui me paraît pertinente entre ce que vous avez appelé le lavage de cerveau et le développement de la capacité critique, notamment en ce qui concerne l'aptitude à déjouer la propagande. Et c'est sur ce point qu'ils travaillent constamment, dès la première éducation des enfants. Justement, les @ et les services de lutte idéologique et psychologique de leur armée démontrent une habileté étonnante dans le déchiffrement de notre propagande et les tactiques pour en déjouer les procédés même les plus raffinés. Vous aurez déjà entendu des plaintes à ce sujet, qui rendent nos services d'espionnage et toutes nos campagnes de propagande à peu près sans effet chez eux, alors qu'elles fonctionnent bien ailleurs. Pour une fois, nos spécialistes de la propagande, qui ont l'habitude de se gausser hautement entre eux de la bêtise de l'homme du peuple partout dans le monde, ne rient plus quand il s'agit des @. Vous avouerai-je — excusez une remarque subjective — que parfois j'éprouve un certain plaisir à les voir si déconfits ? Mais revenons...

Vous êtes dur !

Oh, je ne parlais que des espions, pas des journalistes ! Je sais à quel point vous respectez vos lecteurs, ne serait-ce déjà qu'en invitant dans vos entretiens des savants...

Je respecte toujours mes lecteurs et auditeurs, qui, justement, contrairement aux @, dressés à juger par leur État, peuvent juger librement, à partir de leur pure opinion personnelle.

Je ne serais pas fâché que notre éducation se soucie davantage de former l'esprit critique, et l'on pourrait au moins imiter avantageusement @ sur ce point.

Ne seriez-vous pas enclin à subir vous-même leur influence ?

Un peu, oui. On n'étudie pas une matière sans en être un peu influencé. Mais j'en viens à l'autre versant de leur lutte idéologique. Le premier, cette formation du peuple à la critique idéologique, était en somme la partie purement défensive. Il y a une partie offensive aussi, qui consiste à intervenir non plus sur leur peuple, mais également sur les autres. Et là, les @ ont une très grande originalité par rapport à notre propagande. Au lieu de se contenter d'exploiter la naïveté des gens (ce qu'ils font aussi), ils cherchent dans la plus large mesure possible à les former à leur tour à la pensée critique, pour les rendre aussi résistants à la propagande. Selon nos propres spécialistes, le procédé paraît contradictoire, parce qu'il contrarie les efforts de propagande de ceux qui l'utilisent. Les @ n'y voient pas d'inconvénients. A cette objection, ils répondent qu'au contraire, ils immunisent ainsi les gens contre la propagande de leur propre gouvernement et des classes dominantes de leur pays, parce que, ajoutent-ils, en fait, en général, la propagande destinée à l'étranger vise également le peuple à l'intérieur du pays. En permettant aux peuples de déjouer la propagande, ils les détachent des idéologies qu'on veut leur imposer et les ouvrent aux idées de @. C'est ici qu'il est difficile de les suivre. Parce qu'ils prétendent que plus on manifeste d'esprit critique, plus on se méfie des illusions et plus on se tourne vers la vérité. Et bien sûr, ils prétendent que ce qu'ils défendent, eux, c'est justement la vérité. Mais tout le monde ne le prétend-il pas aussi bien ? Alors pourquoi la capacité de distinguer le vrai du faux devrait-elle les avantager plutôt que n'importe qui d'autre ? Vous savez que nos propres propagandistes affirment toujours vouloir répandre la vérité et lutter contre l'erreur. On n'imagine pas d'ailleurs une propagande qui se présenterait elle-même comme fausse ou au service de la fausseté. Mais le principe de la propagande est d'habitude de distinguer entre le vrai et ce qui semble seulement vrai, quoique souvent faux. Le propagandiste peut savoir en partie que ce qu'il dit est faux, mais il compte sur le fait que les autres seront moins lucides que lui et qu'ils l'accepteront pour vrai. C'est d'ailleurs pourquoi il se rit souvent d'eux. Les @ s'efforcent de ne pas jouer ce jeu, et de rendre critiques les gens plutôt que de les habituer à la confusion et à l'erreur. Ont-ils raison ? Pour le savoir, il faudrait voir s'ils réussissent. Par exemple, plus on découvre et craint leur influence dans les autres pays, plus on doit constater leur efficacité. Sans compter qu'ils agissent aussi silencieusement et que leur propagande peut avoir une influence inaperçue. C'est possible, mais tant que nous ne savons pas mesurer cette propagande secrète, nous ne pouvons pas en dire grand chose, sinon que l'on trouve quelques signes que les @ croient qu'elle existe.

C'est effrayant ce que vous dites. Mais venons-en aux véritables armes de @.

Je vous disais que @ disposait d'armes très puissantes et effrayantes. Et vous avouez que cette forme d'action par la propagande comprise à leur manière est justement effrayante. C'est en effet une de ces armes dont je parlais, et pas la moindre, en dépit du fait qu'il n'est pas possible de la montrer matériellement et qu'elle ne fait rien exploser, au moins matériellement. D'ailleurs, pour l'utiliser, il a fallu que les @ résolvent une difficulté importante. Quand on s'adresse à son propre peuple, il est d'habitude facile de lui communiquer ce qu'on veut lui dire. On dispose des instruments, tels que les livres, les revues, les journaux, la radio, la télévision ou internet. Par contre, pour communiquer des idées aux autres peuples, on dépend du fait que ces canaux soient disponibles. Or ils le sont d'autant moins qu'on se méfie du pays qui voudrait les utiliser. Et vous savez avec quel soin nombre de pays on tenté de mettre @ pour ainsi dire en quarantaine, empêchant autant que possible toute communication, du moins venant d'eux. On défend l'importation de leurs écrits, on leur interdit la diffusion par la radio ou la télévision, et on cherche à leur fermer internet.

Tant mieux, puisque c'est pour eux des armes !

Vous voyez qu'on est bien déjà en guerre. En tout cas, pour les @, cela signifie qu'une propagande directe, aisément repérable, n'est guère possible. Il y a des pays qui sont plus ouverts en revanche, et où l'on trouve par exemple assez facilement les écrits venant de @, et ils circulent depuis là, malgré les restrictions. Pourtant, il leur a fallu surmonter ces obstacles, et il est évident qu'ils en ont les moyens, quoiqu'ils restent pour une bonne part secrets. Ici, je peux vous dire que ces armes existent, mais je dois ajouter que je ne sais pas sous quelle forme. On peut spéculer...

Mais n'ont-ils pas d'armes plus... spectaculaires ?

Oh oui. Mais pour poursuivre, en vous montrant combien leur armée est différente des nôtres, je vais vous parler de l'un de ses corps qui est assez original dans une armée officielle. Il s'agit de la division de guérilla. Je ne parle pas ici d'instructeurs qu'on enverrait dans des pays en révolution pour former à la guérilla ceux qu'on aimerait favoriser, ainsi que cela existe dans nos pays. Ils en ont aussi. Mais ce sont d'abord les miliciens de @ qui sont eux-mêmes formés à la guérilla. Comme partout, on défend en @ ses frontières et son territoire de manière conventionnelle. Toutefois, on envisage aussi la possibilité d'une défaite dans ce type de guerre, et l'occupation du pays par les troupes étrangères qui s'ensuivrait. A ce moment, ou bien il reste juste à avouer la défaite et à se rendre au vainqueur, ou bien il faut continuer la guerre d'une autre façon contre une armée qui ne se trouve plus à l'extérieur, mais à l'intérieur même du pays. Et c'est là que la guérilla voit sa première mission, la plus purement défensive, si l'on veut.

Ils avouent qu'ils forment eux-mêmes des terroristes, et chez eux en plus !

Il y a beaucoup de manières de provoquer la terreur et d'être donc terroriste. Je préfère donc donner à la guérilla son nom officiel en @, sans préjuger qu'elle terrorise plus que d'autres formes de guerre.

Mais c'est ce qu'on appelle des terroristes. Vous pouvez utiliser d'autres mots si vous voulez, cela ne change rien.

Alors, je continue avec le terme de guérilla...

Comme vous voulez.

Je vous ai dit la première fonction de la guérilla. Avant d'en venir à une description plus complète de leurs tactiques et de leur armement, j'aimerais indiquer leur deuxième fonction, celle qui est tournée vers l'étranger, c'est-à-dire vers les territoires des ennemis.

Voilà, c'est le terrorisme, on va poser des bombes pour tuer des innocents dans les pays jugés ennemis.

On pourrait imaginer en effet qu'il s'agisse de cela. Mais ce n'est pas le cas.

Ah, bon ?

Je ne dis pas qu'ils n'ont pas de bombes, mais qu'ils ne cherchent pas à aller tuer des innocents. C'est juste l'inverse. Plutôt que de faire peur au simple peuple, aux innocents comme vous les appelez, à supposer que le terme soit juste et qu'on puisse être tout à fait innocent d'une guerre menée par son propre pays, il s'agit de décapiter l'ennemi, d'aller tuer ses chefs, les véritables responsables de la guerre.

Eh bien, voilà, l'assassinat ! Et vous qui disiez que ce n'étaient pas des terroristes !

Les @ répondent à cette accusation que dans ce cas, tous les soldats sont des assassins. Mais laissons. Vous concevez bien que pour ces deux fonctions, les guérilleros doivent être armés d'une façon très particulière, différente de celle des autres soldats. Mais avant de vous les décrire...

Hélas, professeur, j'aurais tant aimé vous voir nous les décrire. Mais l'entretien arrive déjà à sa fin. C'est avec regret que je vous interromps au moment le plus palpitant.

Dommage. Merci de m'avoir donné la parole.

Merci professeur.



Entretien réalisé par André Mertens, chef de la rubrique politique étrangère à l'Examinateur



Il est possible de voir la vidéo de cet entretien à l'adresse suivante :

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